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À Bani et Missirah, la visite de l’Ambassade d’Irlande révèle l’impact humain du projet RESICOM sur les femmes des communautés côtières

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À Bani et Missirah, la visite de l’Ambassade d’Irlande révèle l’impact humain du projet RESICOM sur les femmes des communautés côtières


Dans le Delta du Saloum, là où les mangroves dessinent le paysage et rythment la vie des communautés, des femmes réinventent progressivement leur quotidien grâce à des initiatives qui mêlent résilience climatique, autonomie économique et valorisation des ressources locales.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet RESICOM, mis en œuvre par ENDA ENERGIE et cofinancé par l’Ambassade d’Irlande et Mitsubishi Corporation. À travers ce programme, les communautés des Aires Marines Protégées bénéficient d’un accompagnement qui dépasse largement le simple cadre des activités génératrices de revenus. Sur le terrain, il est surtout question de dignité, d’autonomie, de transmission et d’espoir.

La visite effectuée à Bani et Missirah avec les représentants de l’Ambassade d’Irlande au Sénégal, les équipes de ENDA ENERGIE et les représentants des Aires Marines Protégées a permis de découvrir des femmes engagées, conscientes des défis qui persistent, mais surtout fières des transformations déjà visibles dans leurs vies.

À Bani, l’accueil des femmes donne immédiatement le ton. Entre sourires, chants et discussions spontanées, la visite commence dans une atmosphère chaleureuse avant de se poursuivre vers le parc ostréicole installé dans le cadre du projet.

La marée haute recouvrait presque entièrement les installations ce jour-là, laissant à peine apparaître les premières structures de production. Pourtant, malgré cette visibilité réduite, les femmes parlaient avec une immense fierté de cette activité encore récente mais déjà porteuse de nouvelles perspectives pour leurs familles.

Pour beaucoup d’entre elles, l’ostréiculture représente bien plus qu’une simple activité économique. Elle symbolise une possibilité de construire autre chose sans quitter leur territoire, de générer des revenus tout en préservant les écosystèmes dont elles dépendent depuis toujours.

Au fil des échanges, les témoignages se succèdent avec beaucoup de sincérité. Certaines femmes racontent les longues journées de travail d’autrefois, les départs avant l’aube, les tâches pénibles et les revenus insuffisants. Aujourd’hui, elles expliquent que les activités soutenues par ENDA ENERGIE commencent progressivement à alléger leur quotidien et à améliorer leurs conditions de vie.

Elles saluent particulièrement la proximité des équipes de terrain de ENDA ENERGIE, notamment l’accompagnement assuré par Anne Marie Ndong à Toubacouta. Son engagement, sa patience et sa présence constante auprès des bénéficiaires ont été largement soulignés durant la visite.

Mais derrière l’enthousiasme, les femmes évoquent aussi les défis qu’il reste à relever. Le besoin d’une pirogue plus grande revient souvent dans les discussions. Celle actuellement disponible ne permet pas d’acheminer facilement les récoltes ni de transporter un nombre suffisant de femmes pendant les activités. Les bénéficiaires souhaitent également aller plus loin dans la transformation des produits afin de mieux valoriser leur production et renforcer durablement la chaîne de valeur.

Dans le village, les jeunes partagent eux aussi cette ambition de voir l’activité se développer davantage grâce à des infrastructures adaptées, notamment des espaces de stockage et de transformation.

Pour les représentants de l’Ambassade d’Irlande, cette immersion au cœur de la communauté a surtout permis de mesurer l’impact humain du projet. Les échanges avec les femmes ont confirmé que l’autonomisation économique ne se limite pas à l’augmentation des revenus. Elle touche aussi la confiance en soi, la capacité de décision et la place occupée dans la communauté.

Après Bani, la délégation prend la direction de Missirah où une autre réalité du projet RESICOM se dévoile à travers les activités de transformation des produits halieutiques.

Sous une chaleur intense, les femmes de l’Union Locale Jappo accueillent la mission avec une émotion palpable. Ici, les changements se lisent directement dans les espaces de travail, dans les nouveaux équipements installés, mais surtout dans les récits des bénéficiaires.

Pendant longtemps, la transformation des produits halieutiques s’effectuait dans des conditions particulièrement difficiles. Les femmes travaillaient pendant des heures dans une fumée dense, avec une forte consommation de bois et des conséquences importantes sur leur santé, leurs revenus et l’environnement.

Aujourd’hui, les fours modernes mis en place grâce au projet changent profondément cette réalité.

Construites avec des briques de terre compressée capables de conserver durablement la chaleur, ces nouvelles installations réduisent considérablement les besoins en bois. Là où plusieurs charrettes étaient auparavant nécessaires, une quantité beaucoup plus faible suffit désormais pour assurer les opérations de cuisson.

Mais au-delà de la performance technique, ce sont surtout les effets sur la vie quotidienne qui reviennent dans les témoignages des femmes. Elles parlent du temps gagné, de la fatigue réduite, des fumées moins présentes et de la possibilité de mieux s’occuper de leurs familles et de la scolarité des enfants.

Certaines expliquent qu’elles se sentent aujourd’hui plus autonomes financièrement et davantage capables de participer aux dépenses du ménage.

Les formations en gestion financière et en dynamique organisationnelle ont également joué un rôle important dans cette transformation. Plusieurs femmes reconnaissent qu’elles gèrent désormais leurs activités avec plus de confiance, de méthode et de vision pour l’avenir.

Tout au long de la visite, les représentants de l’Ambassade d’Irlande ont pris le temps d’écouter les bénéficiaires, de recueillir leurs témoignages et de comprendre les impacts concrets du projet sur leurs conditions de vie.

La satisfaction des partenaires financiers était visible. Pour eux, voir directement les effets du projet sur les revenus, la santé, l’organisation des femmes et la préservation des mangroves donne tout son sens à cette collaboration avec ENDA ENERGIE.

Les représentants de l’Ambassade ont d’ailleurs réaffirmé leur volonté de poursuivre cet accompagnement, en soulignant que l’autonomisation des femmes fait partie des priorités majeures de leur coopération.

Du côté de ENDA ENERGIE, cette visite confirme une conviction portée depuis plusieurs années : les réponses aux défis climatiques et sociaux doivent partir des communautés elles-mêmes, avec les femmes comme actrices centrales des transformations locales.

À Bani comme à Missirah, les femmes ne demandent pas simplement de l’aide. Elles construisent progressivement des solutions durables, adaptées à leurs réalités et capables de renforcer la résilience de leurs territoires.

Dans ces villages du Delta du Saloum, chaque huître produite, chaque four modernisé et chaque mangrove préservée racontent finalement une même histoire. Celle de femmes qui avancent, malgré les difficultés, vers davantage de dignité, d’autonomie et d’espoir pour leurs communautés.


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