Quand la GRCBC fait du Karité l’or des femmes Burkinabés!

Quand la GRCBC fait du Karité l’or des femmes Burkinabés!

Appliqué sur mon corps depuis ma naissance sans la moindre idée de sa provenance, c’est grâce à GNDR que j’ai découvert le processus de production du karité dans le cadre de la mise en œuvre de son projet « Institutionnaliser la gestion a base communautaire des risques de catastrophe » en tant que représentant de ENDA Energie.

Après une première visite d’échanges d’expériences et beaucoup de leçons apprises au Niger, du 7 au 9 Août ce fut au tour de l’Union des groupements Féminins Ce Dwane Nyee (UGF/CDN) du Burkina Faso de démontrer que son initiative communautaire méritait sa place dans la liste des 25 meilleures études de cas en gestion des risques de catastrophe sélectionnées en Afrique. Tout comme l’initiative du groupement ADPE Bonferey qui a restauré la Colline de Féri-Féri au Niger, ce cas nous a confirmé que la femme est au cœur de la dynamique communautaire et un acteur clé dans la protection de l’environnement.

L’engagement du conseil municipal de Kyon, encourage l’institutionnalisation et la pérennité du projet.  » C’est grâce aux partenaires de l’UGF CDN, que la commune est devenue émergente » a dit fièrement Philomène Badolo, première adjointe au Maire de Kyon. Propos confirmé par le maire de la ville, lorsqu’il rejoignit le groupe un peu plus tard dans les parcs à karité avec les communautés en ajoutant qu’il était fier de l’ONG. « Nous (les autorités locales) sommes prêts à poursuivre notre accompagnement, ce projet doit être intégré dans notre plan communal de développement pour sa pérennité ».

« Aucun projet ne peut avoir de succès si il n’est porté par les autorités locales» a dit Adessou Kossivi, le Coordinateur régional de développement du réseau GNDR pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre pendant la cérémonie d’ouverture de la visite.

Le Karité produit et exporté aux quatre coins du monde par le groupement de femmes est identifié par la responsable des unités de production de l’UGF/CDN, Marie Bayala Kanzoulé comme « l’or de la femme au Burkina Faso».

Coordonnée par le Réseau Marp Burkina, cette visite souligna que la protection de l’environnement et le développement socio-économique communautaire durable ne sont pas antinomiques. Ainsi, les femmes collectrices de noix de karité du groupement Dwi NYE autrefois sans revenus, parviennent aujourd’hui à gagner jusqu’à 350 000 Francs (CFA) par campagne (06 mois). L’UGF /CDN travaille avec plus de 6000 femmes, organisées en 52 groupements dans l’ensemble du Burkina Faso.

Le Burkina Faso, est un des pays les plus vulnérables au dérèglement climatique et aux catastrophes qui en découlent.

C’est ce qui a sans doute poussé les femmes membres de l’UGF/CDN à s’investir dans une initiative communautaire de préservation de l’environnement par la promotion et la valorisation du karité et des espèces végétales en voie de disparition.

Le projet a été développé dans le département de Réo, une commune urbaine du Burkina Faso située dans la province du Sanguié au Centre-Ouest du pays. Dans cette zone, le karité, arbre à croissance lente est menacé par les activités de production de l’homme et les diverses conséquences du changement climatique …

Les femmes et les jeunes de la région ont fait de la collecte des amandes de karité une activité leur permettant de lutter contre la pauvreté. Et pour préserver la ressource « karité », les femmes de l’UGF/CDN mènent un certain nombre d’activités préservatrices: l’aménagement des parcs à karité, la préservation des espèces végétales en voie de disparition, l’agroforesterie, la gestion durable des terres et des ressources naturelles, la régénération naturelle assistée, le reboisement et la transplantation.

L’exemple de l’initiative menée par les femmes « Gourounsi » de Réo fut marquant pour les participants à cette visite d’échanges. Un participant nigérien s’engagea à partager l’engagement des femmes du Burkina aux femmes Touaregs pour leur investissement dans la Gestion des ressources Naturelles à Agadez.

La visite touchant à sa fin, les participants Nigériens reçurent des graines de Moringa et de Baobab offertes par le Coordonnateur de l’UGF/CDN, Bantiono Bahiomé au Président du groupement ADPE Bonferey Alzuma Himero Moukila. Un geste salué par l’expert indépendant nigérien Zakary Souley Bana qui remercia « les frères du Faso pour ce geste dont l’impact aura la durée de vie d’un baobab. Au vu de la détermination de Mr Himero et des membres du groupement ADPE Bonferey, la colline de FérI-féri est prête à devenir un parc de baobab dans les années à venir »

Merci au réseau GNDR d’avoir initié et facilité cette coopération sud-sud !

A l’issue de la rencontre, l’UGF/CDN, appliquant les recommandations des participants à la visite d’échanges, a décidé d’obtenir les documents administratifs nécessaires afin de sécuriser les parcelles de terres déjà acquises.

Cette visite très enrichissante nous a montré qu’avec une participation active de ses membres et une bonne planification, toute tentative de résilience communautaire peut constituer un véritable levier économique et qu’un développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles locales constitue le meilleur moyen de pérenniser toute activité.

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