Niger: La restauration de la colline de Feri-Feri, un exemple de GRCBC durable réussie

Niger: La restauration de la colline de Feri-Feri, un exemple de GRCBC durable réussie

Inscrites parmi les activités prioritaires de la deuxième année du projet d’Institutionnalisation de la Gestion des risques de catastrophe à base communautaire du GNDR, les visites d’échange d’expériences démarrées le 24 juillet 2018 au Niger, ont permis de faire la découverte d’une initiative communautaire, véritable cas de succès à 114 km de Niamey.

En 1998, le groupement ADPE Bonferey a pris la décision de défendre et de restaurer la colline de Féri-Féri et ses versants qui déversent les eaux de ruissellement dans le quartier périphérique de la commune urbaine de Tillabéri. L’objectif de départ qui était de transformer 77 hectares de terres rocheuses a été utopiste jusqu’à ce que ce groupement réussisse à reverdir cette zone avec 45 000 plantes en 20 ans d’existence.

Choisi parmi les 25 meilleures études de cas sur la gestion des risques de catastrophe en Afrique à l’issue d’un appel à proposition à travers le projet « Institutionnaliser une GRCBC durable», ce projet communautaire du groupement ADPE Bonferey est un véritable cas d’école dans la gestion des risques de catastrophe.

Avec 10 hectares de demi-lunes forestières et 10 000 mètres linéaires de cordons pierreux, ce périmètre aménagé pour résoudre les problèmes environnementaux de la localité, a aussi contribué à la création d’emplois verts a travers la gestion intégrée des ressources agrosylvo-pastorales. En plus des revenus tirés de l’exploitation de sa pépinière, le groupement Bonferey arrive à écouler chaque année des tonnes de paille sèche au grand bonheur des éleveurs de cette zone qui sont confrontés à un problème d’aliment de bétail.

 

La visite d’échange d’expériences organisée par le GNDR au profit des praticiens venus du Niger, du Burkina et du Sénégal, a permis de comprendre que c’est un engagement et une détermination des communautés qui sous-tendent la durabilité de cette initiative. Ce groupement qui est parvenu à clôturer 40 hectares sur les 77 disponibles a besoin d’être appuyé sur certains points afin de faire de cette protection de l’environnement, un levier économique, avec la création d’activités génératrices de revenus (AGR) pour mieux motiver les femmes et les jeunes qui font montre d’un engagement sans faille.

A l’issue des échanges, il est ressorti un certain nombre de difficultés telles que l’absence d’un point d’eau, la vétusté des ouvrages antiérosifs et l’inadéquation de la clôture existante.

Cette organisation locale qui s’active depuis 20 ans dans la colline de Feri-Feri a une vision claire de la Gestion des Risques de catastrophe à base communautaire. Cependant elle a besoin d’être accompagnée, sans oublier la vulgarisation de son initiative qui est un véritable cas de succès qui a le mérite d’être institutionnalisée.

Toutes ces initiatives locales qui constituent des réponses innovantes face aux situations climatiques extrêmes, doivent être intégrées dans les politiques publiques nationales.

D’ailleurs, c’est ce qu’a compris l’Etat nigérien qui a lancé en 2016, un ministère de l’action humanitaire et de la gestion des risques de catastrophes. Rencontré dans le cadre de notre visite d’échange d’expériences au Niger, le ministre Laouan Magagi en charge de ces questions, a rappelé que « les organisations de la société civile et le secteur privé sont des partenaires clefs qui ont été inclus dans notre plateforme nationale pour la réduction des risques de catastrophe». Ce pays qui perd chaque année 40 milliards depuis quarante ans, pour apporter une réponse aux extrêmes climatiques, semble être conscient du rôle qu’il doit jouer pour encourager et pérenniser les efforts des communautés.

Album Photo de la Visite