Genre et Energie

Genre et Energie

PROGRAMME DE RECHERCHE GENRE ENERGIE

Utilisations productives de l’énergie dans le secteur informel alimentaire en Afrique

Le renforcement économique des femmes et l’appui des initiatives qui favorisent leur accès à plus grande échelle à l’énergie propre, est le souci majeur du Réseau International sur le genre et l’énergie durable et de ses partenaires. En complément aux actions sur le terrain, un programme de recherche quinquennal (2014-2019), financé par le Département pour le Développement international (DFID) a été initié.

Il vise à aider à la formulation d’interventions efficaces sur l’énergie et les services énergétiques dans le secteur alimentaire informel à travers un ensemble de preuves empiriques dans 3 pays africains : l’Afrique du Sud, le Rwanda et le Sénégal. La recherche est coordonnée au niveau global par l’Université de Twente et au Sénégal par Enda Energie avec comme zones d’intervention les zones urbaines de Dakar, Saint Louis et Kaolack. Le choix du milieu s’explique par le fait que les villes sont plus susceptibles d’avoir un meilleur accès aux services énergétiques modernes par rapport aux zones périurbaines et rurales.

En dehors d’études à caractère national sur les énergies de cuisson dans les circuits de la demande et de l’offre, l’énergie et les services énergétiques utilisés dans les secteurs alimentaires informels, n’ont pas encore réellement fait l’objet de recherche. Il existe donc peu de données empiriques quantitatives et certifiées pour renforcer l’état de l’art sur la situation des entreprises appartenant à des femmes et entraine de ce fait l’autonomisation économique des femmes et des hommes. Il s’agira entre autres : (i) d’étudier dans une perspective de genre, les changements qui pourraient être apportés au sein de l’entreprise et leur impact éventuel dans le ménage de la responsable de l’entreprise ou de l’employée ; (ii) d’évaluer dans quelle mesure (si c’est le cas) ces changements au niveau de l’utilisation de l’énergie dans les entreprises pourraient impacter l’autonomisation des femmes.

La recherche qui utilisera des méthodes mixtes d’analyse et de collecte de données quantitatives et qualitatives sur le genre, sera exécutée en deux phases. La première année qui vient d’être bouclée est consacrée à une étude exploratoire qui inclut une revue de la littérature et la collecte des premières données de terrain auprès d’une soixantaine d’entreprises dans chaque pays. Ensuite dans la seconde phase, des recherches plus approfondies seront menées par l’enquête d’au moins 250 entreprises par pays. Ces enquêtes ont pour objet de mesurer l’envergure du secteur alimentaire informel et sa fourniture en énergie pour cartographier les chaînes d’approvisionnement des combustibles utilisés par le secteur alimentaire informel.

Les résultats et les impacts de la recherche seront suivis à travers la théorie du changement sur les utilisations productives de l’énergie et l’accès aux services énergétiques modernes sur quatre niveaux de transformation :

– l’accès aux services énergétiques modernes avec les effets mesurables sur l’efficacité et la propreté dans la production, la qualité des produits, et la diminution des corvées pour l’autonomie sociale,

– les impacts sur la vie des femmes et des hommes dans les entreprises,

– l’amélioration des revenus, et

– l’autonomisation économique pour atteindre la transformation des relations et les rôles de genre.