Face à l’urgence climatique : les Etats s’engagent à minima à la COP24

Face à l’urgence climatique : les Etats s’engagent à minima à la COP24

Du 02 au 14 décembre 2018 a eu lieu à Katowice la 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Les négociations qui ont duré deux semaines, ont été longues, difficiles et complexes.  L’enjeu crucial de la COP était de définir les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris (le « Paris Rulebook ») qui devraient permettre son opérationnalisation. Ces règles jugées peu ambitieuses par les acteurs de la société civile permettent tout de même, de maintenir en vie l’Accord de Paris. Ces règles malheureusement ne prennent pas en compte les recommandations du dernier rapport du GIEC pour arriver à limiter le réchauffement à 1,5°C. Les financements climatiques, qui étaient l’autre grand enjeu de la COP ont mis en exergue les dissensions qui existent entre les pays en développement et les pays développés.
Financement : Les pays développés avaient pris l’engagement de fournir 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 dans le cadre du Fonds vert pour le climat (FVC) pour venir en aide aux pays en développement, à près d’un an de l’échéance nous ne sommes qu’à 50% de l’objectif. Comme enjeu de la COP 24, le ‘’Paris Rulebook’’ devait définir, ce qui est considéré comme «Financement climat » et  comment les  pays développés devraient communiquer   les  financements  climatiques fournis aux pays en développement  pour  plus de transparence.
A Katowice, les règles retenues sur les aspects financiers ne répondent pas  aux attentes des pays en  développement, notamment sur les instruments  financiers,   les communications ex ante dans  la fourniture  des  financements climatiques.
Quelques bonnes nouvelles : le Fonds pour l’adaptation a été abondé à hauteur de 128 millions de dollars, et le  Fonds vert pour le climat  a reçu  des  promesses de l’Allemagne  et de la Norvège.
Les Pertes & Dommages : Il n’y a presque pas d’avancées sur le sujet, en dépit de la forte pression des Etats insulaires pour sa prise en compte dans le Rulebook. Il ne figure pas  dans la section finance, mais on le retrouve dans la partie Global Stocktake (GST) en note de bas de page.
Global Stocktake (GST): Le Bilan mondial, était aussi l’un des enjeux de la COP 24. Il a été reconnu dans le cadre de l’Accord de Paris, comme un mécanisme qui devrait permettre de relever le niveau de l’ambition. Le Rulebook ne donne pas d’indications sur les efforts que les uns et les autres devraient fournir   et comment les données techniques seraient collectées. L’équité a été mentionnée   dans le texte, on verra progressivement comment cela  va se traduire concrètement.
CDN (Contributions déterminées au niveau national) : Le Rulebook prévoit le reporting, sur l’atténuation, l’adaptation et les finances.  Les pays en développement peuvent fournir des informations en fonction de leurs capacités. Ils disposent de plus de flexibilité que les pays développés.
Article 6 : Les discussions ont été difficiles notamment durant les négociations. Les Etats étaient en désaccord total sur les mécanismes de marché. Les discussions techniques sur ces mécanismes ont été reportées en 2019, à la COP 25.
Quelle place pour les Acteurs non étatiques (ANE) : Le texte issu de la COP 24, parle de la participation des ANE, mais indique que seules les parties auraient accès à la plateforme en ligne, pour  soumettre des contributions ; le  texte rajoute  que   c’est uniquement les contributions  des parties   qui seront  disponibles sur la plateforme.  Ainsi, ils auront un rôle très réduit à jouer dans le cadre du bilan.